Publié le 6 avril 2006 |
Logiciels

Laissons de côté l’idyllique plage de sable agrémentée d’un bruit de vaguelettes (bien agréable à côté de tonitruantes musiques parfois choisis) pour aller à l’essentiel : un logiciel sur la conscience phonologique alors qu’on ne parle que de cela dans les Congrès. Bravo pour l’anticipation.
L’écran initial propose quatre modules : rimes, sons ciblés, glissement phonémique et Jumeaux.
L’aspect est « nickel » : graphismes impeccables, ergonomie évidente, bref une « lisibilité » parfaite du logiciel. Les choix se font facilement par des menus successifs, en commençant par le paramétrage général :
• on peut ainsi choisir le nombre de mots dans l’exercice (10 pour un débutant ou pour une évaluation, illimité - enfin presque - pour une tâche de fond)
• idem pour le nombre d’essais de 1 à 3, selon votre façon de travailler avec un enfant. Avec un seul essai, on s’intéresse à la performance, ce qui est utile pour contrôler « l’état » du patient. Avec 2 ou 3 essais, on fonctionne davantage selon le mode « sans erreur » que certains peuvent considérer comme moins dévalorisant pour l’enfant et plus conforme à la notion d’apprentissage. A vous de voir.
• Choisir un grand nombre d’images affichées (de 2 à 6, voire à 8) correspond-il à une plus grande difficulté pour l’enfant ? L’exercice devient plus long, et la concentration diminue d’autant qu’ il faut faire appel à la mémoire du son initial (donc à autre chose que la conscience phonologique...) mais il n’y a pas de difficulté supplémentaire dans le choix des items.
• Support écrit ou pas. Voici une véritable question que vous résoudrez au cas par cas, et que vous pourrez d’ailleurs modifier à tout moment car ce paramétrage reste discrètement présent lors des exercices. Bien sûr, les difficultés de conscience phonétique concernent plutot les jeunes enfants avant la maitrise de la lecture...mais pour des enfants plus âgés, parvenant à la lecture par adressage aidé par le dessin, un travail sur les mots écrits avec un aller-retour sur le repérage des sons peut être fort utile.
• Dernier point, et bien le moindre, quel intérêt y a-t-il de choisir un fond uni ? pour se « rincer » l’oeil et rêver pendant la rééducation ? ou pour bêtement perturber l’enfant ? Proposez nous plutot un affichage facultatif des résultats. Dans de nombreux cas, chez les jeunes enfants, la réussite ou l’échec constitue l’essentiel, au delà de l’apprentissage. Pouvoir déconnecter le module « résultats » permet de calmer les esprits et de n’indiquer que ce que l’on veut à l’enfant. D’autant que les sons d’échec sont lourds de réprobation...Il ne manque qu’une tête de mort ou un ogre pour faire peur en cas d’échec.
Dans les deux premiers modules (rimes et sons ciblés), le menu permet de préciser les items de travail. Ainsi dans « Rimes », on peut choisir « rimes syllabiques » ou « rimes phonémiques » (devinez tout seul ce que c’est...). Dans « Sons ciblés », un second menu vous propose plusieurs choix : voyelles dans le mot, consonnes initiales (et un nouveau choix vous offre des constrictives ou des occlusives), syllabes initiales ou syllabes finales.
Vous voici donc prêt à l’emploi. Et si vous êtes perdu (ce qui semble peu probable car tout est très intuitif), vous pouvez obtenir une explication détaillée en cliquant sur le rond vert « Notice ».
Bien sûr s’il y a quatre modules, c’est qu’il y a quatre types d’exercices :
« Rimes » pour trouver des mots qui riment....
« Sons ciblés » pour trouver des mots qui contiennent un phonème cible.
« Glissement phonémique » pour trouver des mots ne différant que d’un phonème par rapport à la cible
« Jumeaux » pour des mots phonétiquement identiques.
Bref, rien de très novateur dans le choix des exercices. Mais est-ce possible dans ce domaine ? L’essentiel n’est pas dans l’originalité mais dans la possibilité de « coller » au mieux aux troubles et à leur rémédiation.
L’écran de travail est à peu près le même pour les quatre modules :
Une cible et des items de choix constitués de dessins (ou de photos). Grâce à un clic droit (sur la souris....), on entend le mot correspondant à l’item. Pour choisir le ou les items, on clique dessus ou bien (selon les modules) on fait glisser sur la cible. Et pour termine, on valide (le rond bleu avec une sorte de V) et on a tout de suite le résultat.
Qu’en est-il de l’avantage de ce logiciel versus un travail classique oral ?
C’est sans doute dans la motivation de l’enfant que se situe l’intérêt. En effet, la présence de dessins et de sons agréables et surtout le travail avec l’ordinateur sont bien plus mobilisants qu’un orthophoniste et ses interminables listes de mots. Et lorsque l’ordinateur ne permet pas d’ajouter un plus méthodologique, il peut rester utile pour améliorer cette autre nécessité de l’intervention orthophonique : l’envie de réussir chez l’enfant.
GERIP, 580FF,