Publié le 31 janvier 2006 |
Logiciels

Excellent Exalang...... Bon, d’accord c’est facile, mais c’est la première idée que l’on a lorsque l’on a longuement décortiqué ce Bilan informatisé.
Et comme dans le genre il n’y a pas grand chose à part le Bilan du Gerip, qui ne présente pas les mêmes caractéristiques, en particulier dans la cotation, on peut considérer que pour un coup d’essai....
EXAlang est donc un bilan informatisé d’orthophonie pour la tranche 5-8ans. De très nombreuses épreuves sont proposées et surtout la cotation permet l’établissement d’une sorte de profil pertinent.
Voyons cela de plus près : les épreuves sont regroupées en 7 chapitres et au total il y a 34 modules. Pour que vous puissiez mieux apprécier l’étendue et la précision des modules...les voici in extenso, avec commentaire à l’appui pour faire plus digeste...
Chapitre 1 : Langage oral
• Dénomination
Quarante quatre images (oui, 44), souvent bien faites et très représentatives (prototypiques comme diraient les chercheurs).
• Compréhension de récit
L’histoire racontée est sympathique (l’histoire de Mélina, la sorcière qui a perdu son chapeau et qui a du mal avec ses formules magiques) mais elle nous a semblé bien longue pour de jeunes enfants et assez complexe car il y a bien des rebondissements. De plus la voix masculine, même si elle est très mélodieuse, ne nous a pas enchanté... A la suite du récit, il y a cinq questions posées dont une à base d’images, et une autre ouverte.
• Jugement de grammaticalité
Un sujet dit des phrases qui sont (ou non) correctes sur le plan grammatical. L’enfant doit simplement indiquer l’erreur. Par exemple : « le chien court sous l’herbe », ou encore « le chien se sauve pourquoi le lion veut le manger »...

* Compréhension syntaxique
Une grande image contient des sujets à colorier en fonction d’une consigne (voir l’illustration). Par exemple « le livre qui est sous le ballon est vert » ou « Tous les animaux sont gris sauf le chat » (ce qui n’est pas sans rappeler le bon vieux Token test.)
• Fluence sémantique
• Fluence phonémique
• Métamorphologie
Il s’agit de trouver un mot signifiant contenu dans un autre. Par exemple, il y a « pluie » dans « parapluie » ou « dent » dans « dentifrice »
Chapitre 2 : Traitement visuo-attentionnel
• Test de barrage
• Comparaison sérielle
Il s’agit d’une comparaison entre quelques lettres style « acrkt » vs « ackrt » ou entre signes issus de polices particulières de caractères de Windows.
• Complétion de formes
Il y a cinq items et les choses ne sont toujours faciles.
• Dénomination rapide
Chapitre 3 : Métaphonologie
• Similarités/Dissemblances
Dix couples de logatomes sont proposés oralement (style « cloc », « chafu », « flist »..). Sont-ils identiques à l’oreille ?
• Répétition de logatomes
Il y a une série de seize logatomes comme « zoboin », « chourval », « bustacho », « drigandire ».....
• Rimes
18 items à ranger dans quatre cartons « qui riment » comme radis, sel, ballon et chapeau.
• Comptage syllabique
• Segmentation/Fusion syllabique
Plusieurs animaux sont présentés (par couple) et on doit « coller » les deux noms pour en faire un nouveau comme dans « tortue et canard = tornard »
• Inversion phonémique
Une petite parenthèse pour vous éviter de vous endormir. Et elle concerne la totalité du logiciel. La présentation des épreuves est excellente, à la fois agréable, avec des couleurs plaisantes, et discrète. Il n’y a pas d’animations forcenées, juste ce qu’il faut pour soutenir l’intérêt de l’enfant. Les présentations sont sympathiques. Par contre les consignes nécessitent souvent une re-lecture par l’examinateur, mais c’est bien naturel de participer !
Chapitre 4 : Entrée visuelle et sonore
• Figures entremêlées
• Loto sonore
Chapitre 5 : Mémoire
• Empan de chiffres
Un grand classique mais toujours très utile dans une perspective dynamique et raisonnée d’un bilan de langage .
Soulignons un point général, à savoir le grand intérêt d’avoir pour chaque module la moyenne et un écart-type dans chaque sens, et cela pour la fin de Grande section de maternelle, pour la fin du CP et pour la fin du CE1.
Ces informations sont notées sur les graphiques dont il faut ici louer le caractère novateur dans un bilan informatisé dédié à la rééducation (et non à la recherche). Chaque module est représenté par un graphique (coloré d’ailleurs différemment selon les chapitres) et on peut voir tout de suite les points forts et faibles. Sur ces graphiques se rajoutent de façon plus détaillée les notes standard ou les pourcentages de réussite, ainsi que de petites flèches pour les écarts-type... On a ainsi, dès la fin du bilan, sans calculs supplémentaires, les informations nécessaires pour prendre une décision et pour orienter sa rééducation. Et comme il y a beaucoup de modules, la finesse de l’analyse est totale.

De plus, le bilan n’est pas très long (45 à 60 minutes) ce qui est totalement compatible avec l’exercice libéral, d’autant que tous les domaines (écrit, mémoire, cognition...) sont étudiés.
• Mémoire visuelle
Il s’agit de retrouver des accessoires de théâtre (masque, épée, robe, gilet, ceinture, livre...et j’en ai déjà oublié...), qui feront également l’objet du rappel différé.
• Empan de mots monosyllabiques
Il s’agit de logatomes et ils apparaissent bien complexes. Mais comme tout a été étalonné...
• Chiffres à l’envers - mémoire de Travail
• Rappel différé
• Reconnaissance
Chapitre 6 : Lecture
• Approche implicite de la lecture
Excellente initiative, car ce domaine n’est que rarement exploré alors qu’il est très porteur d’informations avant l’entrée en CP. Il s’agit de tout ce travail de l’enfant dans la pré lecture qui semble un préalable obligé à l’apprentissage même. Par exemple, trouver le premier mot d’un texte, montrer un mot parmi quatre « machins qui ressemblent en gros à des mots), montrer le titre, montrer la lettre qui est juste avant la lettre écrite en rouge...
• Segmentation de mots
Il n’y a qu’un seul item et cela semble insuffisant, d’autant qu’il ne s’agit pas d’une phrase mais de mots isolés.
• Lecture de logatomes
Avec l’aide de petits personnages surprenants et fantastiques, dont le nom « biscornu » est écrit à côté d’eux. Il faut noter à nouveau le côté agréable de ces présentations qui « donnent envie sans énerver... »
• Lecture de mots
Il y a au maximum 100 items en deux minutes !!! On part des voyelles de base pour aller vers les chrysanthèmes (c’est hélas vrai aussi dans la vie...) en passant par les grands classiques (œuf, fleur, monsieur..)
• Lecture de textes et compréhension
Chapitre 7 : Orthographe
• Closure de mots
Il s’agit de compléter l’écriture d’un mot
• Transcription de logatomes
• Texte à compléter
Il faut ajouter à cette présentation, qui montre un outil qui semble vraiment efficace, le fait que vous pouvez obtenir un protocole papier (directement avec le cédérom) pour noter des informations...et vous rappeler le bon temps où l’ordinateur n’était pas là... et également l’intérêt d’aller promener sur le site www.orthomotus.com . Vous trouverez par exemple l’analyse « officielle » de chaque module. Ainsi, le jugement de grammaticalité permet de mesurer les capacités morphosyntaxiques en réception et le jugement de rimes mesure la compétence métaphonologique. Autant de mots « savants » qui « feront bien dans votre bilan » mais n’aideront guère le prescripteur à comprendre un trouble. Vous trouverez également deux études de cas et ceci est particulièrement intéressant dans la prise en main.

Bon, arrêtons ici nos louanges, mais vraiment à part quelques broutilles, ce bilan informatisé nous a semblé quasi incontournable, tant dans sa conception que dans son utilité.
Reste une question fondamentale. Est-il suffisant de faire passer ce bilan pour être sûr de son diagnostic et dégager un projet de rééducation ? Sachant que « les grosses machines » style L2MA, NEEL, LMCR et autres sont plus complexes, plus longues en passation mais plus complètes. Il faudra avoir un recul de quelques mois pour avoir un avis définitif.
Ed. Motus www.orthomotus.com
Mars 2003, 180 €