Actualité de l'orthophonie et des orthophonistes francophones

Publié le 12 mars 2006 | Logiciels
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Les boîtes de ce logiciel sont très présentes dans les rayons de tous les magasins d’informatique, et peu de revues échappent aux communiqués de presse. Nous nous sommes ainsi laissés entraîner dans ce flot médiatique pour vous le présenter.

Le livret d’accompagnement parle ainsi du logiciel : « L’imagier qui éveille les petits aux mots rigolos et aux comptine câlines ! ». Les expressions suivantes sont également citées : « signification visuelle et sonore des images », « touche joyeuse et inventive », « imagination de l’enfant », « des sons réalistes, scénarisés ou décalés » et « une joyeuse envie de grandir et d’apprendre » sans oublier le quasi-obligatoire « développer l’autonomie des enfants » qui sonne un peu comme « mets-toi devant l’ordinateur pendant que je m’active tranquillement à autre chose ».

Voici un menu qui donne envie d’aller plus avant dans le logiciel. Comme il s’agit d’un logiciel tout entier tourné vers l’enfant, la barre de navigation, qui permet d’aller dans les divers exercices (pardon, les jeux !) n’est que graphique et peu explicite. Mais il y a des fiches parents qui expliquent bien les jeux ainsi que de petites animations destinées aux enfants afin d’utiliser les jeux. Notons que la navigation est facile, mais assez lente car très graphique.

Il y a deux façons d’utiliser le logiciel.

Une première consiste à passer par les images, qui défilent à la demande (ou toutes les 10 secondes) au centre de l’écran, accompagnée du son et de l’écriture du mot. Il est alors possible de cliquer sur une des icônes permettant d’accéder à divers jeux.

Une autre façon permet d’accéder directement aux différents jeux :

1. l’Alphabet.

Lorsque l’on clique sur une lettre de l’alphabet, une image s’affiche accompagnée du son du mot. En cliquant sur l’image, une « comptine » est entendue. Le ton est résolument fantaisiste et humoristique, et jamais didactique. Il n’y a guère à apprendre, mais beaucoup à s’amuser. Ainsi au mot flûte, on entend « la flûte, ça s’apprend pas en cinq minutes ! » ou au mot pinceau « on peut se servir de ses doigts quand on n’a pas de pinceau ». On est loin des définitions du dictionnaire Nathan, plus proche parfois des surréalistes ! Notons que chaque mot peut être dit en anglais, en allemand ou en espagnol en cliquant sur le drapeau correspondant.

2. Ecouter

Surprenant exercice. Nous avons cru longtemps qu’il s’agissait d’un jeu à base de couleurs, destiné à les connaître, y compris les plus inhabituelles à trois ans (pourpre, kaki, ocre...). Eh bien non, si l’on place la souris sur une des bulles de couleur, on entend (très discrètement) un son, qui correspond ou non à l’image. Et lorsque l’on clique sur la bonne bulle, l’image se colore, souvent de façon fort fantaisiste...un bonhomme de neige violet ou un chien rose ! Il s’agit donc d’un jeu d’attention et de reconnaissance auditive.

3. Comparer Deux images et un seul adjectif : il faut choisir. Mais les adjectifs ne sont pas toujours très évidents à cet âge, et le choix n’est pas toujours générique. Ainsi, pour l’adjectif doux, on a droit à un chien (qu’il faudra choisir) ou une poubelle. Pas si évident que cela pour des petits.

4.Géométrie Ce jeu montre qu’une forme géométrique, qui se colore à l’utilisation, peut se retrouver dans des objets très variés. Ainsi le rectangle se retrouve sur le wagon, sur une règle ou sur un stylo.

5. Compter On passe de chiffre en chiffre (en tout cas de 0 à 10) en cliquant sur + ou sur -. A chaque chiffre, un nombre équivalent d’objets apparaît, de façon très bien réalisée.

6. Point par point Il faut relier les points pour reconstituer des objets. La manipulation de la souris est ici nécessaire.

Notons en haut du dessin ci-contre, la barre de navigation qui permet d’afficher les aides enfants et parents, et de passer des images aux jeux. 7. Puzzle

200 images sont disponibles avec 5 possibilités différentes de découpage. Ici encore, il faut que l’enfant soit déjà bien habitué à la souris. De plus, certains puzzles ne sont pas évidents car les formes restent peu évidentes.

8. Créer On peut colorier de façon fort fantaisiste les contours et le contenu de très nombreuses images. Et il est également possible d’imprimer les images, pour une utilisation à la maison par exemple.

Ce logiciel ne manque ni d’imagination, ni de fantaisie. Mais sans doute ces deux « qualités » sont-elles aussi parfois des défauts. Car le logiciel baigne tellement dans un univers « décalé » qu’il est souvent difficile de l’utiliser de façon organisée et didactique. Pourtant les idées sont bonnes et la réalisation très bien faite. On pourra donc l’utiliser pour les possibilités de vision et d’impression des images, pour la confection des figures point à point ou pour la géométrie. Mais c’est sans doute dans la récompense que ce logiciel trouvera tout son intérêt. « Offrir » un petit exercice au jeune enfant qui a bien travaillé est une utilisation naturelle, à condition que l’humour décalé vous inspire.

Mais, Messieurs-Dames les réalisateurs, gardez-vous de vouloir tout théoriser et de nous asséner des discours pontifiants à propos d’exercices agréables, mais banals. Ainsi, au Point à point (qui est tout de même un jeu pour le moins classique...) , on peut lire « Le point par point scénarise la découverte de l’objet au rythme de l’enfant. La forme devient une image qui peut donc être nommée ». Impressionnant, les intellectuels. Mais si le naturel et la simplicité suffisaient aux enfants...pensez-y.

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Référence:

Ubi Soft et Dada media, 2001, 30,49 euros