Actualité de l'orthophonie et des orthophonistes francophones

Publié le 6 avril 2006 | Logiciels
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En dehors du guide-langue (qui n’est plus guère à la mode), le dictionnaire constitue sans doute l’outil de base du « bon » orthophoniste. Chercher un mot, lire sa définition, vérifier son orthographe constituent des actes quotidiens. Mais l’informatique puis le multimedia aidant, le dictionnaire est devenu bien plus que cela comme nous allons le prouver sous vos yeux ébahis.

La présentation est à la fois simple et complète ;

• simple puisque l’écran est divisé verticalement en deux parties : à gauche une liste de mots classés alphabétiquement, à droite, le mot choisi avec sa définition et quelques « annexes ».

• complète, parce que de nombreux boutons vont permettre toutes sortes de manipulations donnant tout son intérêt à cette forme de dictionnaire.

Dans le cédérom Robert Junior, il y a des mots (20000 si l’on en croit la publicité) ni plus ni moins que dans un dictionnaire papier. Sauf qu’ici, on peut accéder immédiatement aux « formes fléchies », ce qui permet bien des apprentissages et des vérifications. Pour les noms et les adjectifs, un clic sur un bouton vous renseigne illico presto sur les formes du genre et du nombre. Pour les verbes, le clic vous offre la conjugaison complète.

Il est également possible d’obtenir la liste de TOUTES les formes fléchies dans la fenêtre gauche, donnant naissance à une sorte de maelström surréaliste de termes disons « particuliers ». Car il eut fallu que vous vous familiarisassiez avec certaines de ces formes...Cette liste de tous les termes permet également une utilisation sémantique par la proximité de mots de la même famille.

Pour chercher (et trouver) un mot, on peut arpenter par les classiques ascenseurs la liste de mots. Pas très simple et un peu long. On peut aussi taper dans une fenêtre le mot, ou le début, ce qui permettra d’aller (un peu à la manière de la recherche dans un dictionnaire classique) vers le bon mot.

Une fonction « Corriger » existe. Elle propose les mots phonétiquement identiques (par exemple roux et roue pour « rou »). Mais elle ne corrige pas les erreurs de confusion auditive ou visuelle (« jardin » n’est pas reconnu, ni à partir de « chartin », ni de « jartin ». Par contre, il est proposé à la place de « jardun ») (de même, « carte » n’est pas proposé pour « crate »). Beaucoup de dysorthographiques n’y trouveront donc pas une aide directe.

La fonction « hypertexte » (qui a constitué de toute évidence un des intérêts majeurs de l’informatique) permet également de se promener dans l’univers des mots. Il suffit de cliquer sur un des mots soulignés (dans la définition ou dans les mots de la même famille ou dans les homonymes) et c’est ce mot qui apparaît dans votre fenêtre. Cette fonction est très intéressante dans le travail sémantique, en particulier des plus grands ou des adultes, car il permet une promenade de curiosité bien facile.

Notons également que de nombreux mots sont prononcés à la demande. La voix est bien claire et parfaitement audible, ce qui n’est pas toujours le cas. L’écriture phonétique est également indiquée ce qui peut nous être particulièrement utile.

Une autre forme de recherche est possible, moins sans doute pour trouver UN mot que pour sélectionner un groupe spécifique. Trois types d’entrées existent :

• morphologique : on recherche les mots comportant telle ou telle lettre avec toutes les combinaisons possibles : une ou plusieurs lettres, précédées, séparées ou suivies par une ou plusieurs lettres non précisées. Par exemple : la recherche « &f* » donnera tous les mots commençant par une voyelle suivie d’un « f » puis d’autres caractères.

• phonétique. Le système est le même que précédemment, mais ce sont les phonèmes qui sont proposés. Notons que la liste des phonèmes en écriture phonétique (avec un exemple) est fournie et qu’il suffit de cliquer sur les choix.

On comprendra aisément l’intérêt de ces deux premiers types de recherche pour créer des « banques » de mots spécifiques à chaque trouble et chaque cas.

• sémantique : la recherche s’effectue ici sur la totalité des textes contenus dans le cédérom (en particulier les définitions) créant un champ sémantique vaste et complet. Par exemple, le mot « lapin » renvoie sur « garenne », »clapier », »nain » ou « hase », ce qui semble normal. Mais également sur « serres » (à propos d’un aigle qui passait par là...) ou sur « décharge » (pour ne pas oublier le passe-temps sanguinaire de certains), sans oublier « prolifique » ! ! !

Quant à la « cocotte », aux »pruneaux » et au « râble » ils ne sont pas oubliés...Chic.

Une autre intéressante propriété de ce cédérom concerne « l’annotation ». Il est en effet possible d’écrire une remarque, un commentaire, un détail qui va accompagner le mot choisi. Ceci permet de personnaliser son dictionnaire (par exemple en rappelant une règle orthographique, une particularité phonétique, un développement sémantique...).

Enfin, il ne faut pas négliger l’aspect multimédia de ce logiciel : de très nombreuses illustrations et de très nombreux bruitages sont facilement accessibles, rehaussant l’intérêt de la consultation et permettant d’améliorer les connaissances, voire de les renforcer. Sans doute cet aspect à tonalité encyclopédique est-il moins « orthophonique » mais il ajoute à l’attractivité du produit.

Bien sûr, toutes les fonctions sont facilement utilisables par de simples clics sur des boutons explicites et la prise en main est quasi immédiate (une aide imprimable est, comme d’habitude, disponible). Il est également possible d’imprimer les définitions et les images. L’impression de simplicité, de rapidité d’accès et de fluidité est toujours présente. Il est même possible de modifier la taille des lettres, ce qui assure un excellent confort visuel.

Bref, vous l’avez compris, ce logiciel est très agréable et bien utile, couvrant bien la tranche d’âge des 8-12 ans auquel il se destine, mais pouvant être « détourné » pour d’autres fins.


Référence:

Havas Interactive, 1998, 299 FF