Actualité de l'orthophonie et des orthophonistes francophones

Publié le 6 avril 2006 | Logiciels
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La présentation générale ainsi que le paramétrage sont d’une sobriété rassurante et efficace. Une première page vous permet de choisir « Mémoire » ou « Similitudes ». Sachez toutefois que les exercices proposés dans les deux domaines sont identiques. Seul change le fait (mais c’est bien sûr essentiel dans l’apprentissage) que, dans le module « mémoire », les items-cibles disparaissent (et on fait donc appel à sa mémoire pour trouver le bon item) alors que dans le module « Similitudes », l’item-cible reste présent et qu’il suffit de le reconnaître.

Il s’agit d’abord de choisir le type d’item pour les exercices : les formes et les couleurs ne nous ont pas semblé très utiles. A peu près tous les enfants apparient correctement les couleurs et travailler avec des formes géométriques ne semble guère porteur de transfert vers d’autres apprentissages. Les personnages et les portraits nous semblent plus utiles, car les éléments de discrimination sont fins et parfois délicats à reconnaître. Ainsi, les nœuds-papillon rayés ou pointillés, le sourire versus le rictus, les différents chapeaux ou les tissus des robes. Les lettres sont surtout intéressantes dans les différences de graphies, et non en lecture. Un peu à la façon des signes orientés qui peuvent préparer ou remédier à des repérages spatiaux incertains voire troublés.

Une fois choisi le domaine, il faut préciser le paramétrage : et d’abord combien d’items veut-on présenter pour chercher la cible : 6 ou 12 ? Ensuite, la difficulté.

Pour certains exercices, le choix doit se faire entre facile et difficile. Les différences ne sont pas réellement flagrantes au premier abord et pourtant il y a moins d’éléments discriminants au niveau 2, ce qui rend plus délicate la reconnaissance.

Pour d’autres exercices, c’est le nombre d’items à reconnaître que l’on doit choisir. Par exemple pour les lettres ou les signes orientés, la difficulté s’accroit nettement lorsque l’on passe de 1 à 4 items. Mais il est parfois tout aussi utile de cibler un seul item.

Tout ceci est simplement fait et fonctionne très bien sans donner l’impression d’être dans une cabine d’Airbus. Il est donc possible d’associer l’enfant au paramétrage.

Notons aussi la fiche de suivi, qui permet de conserver les traces de la progression du patient. Il est d’ailleurs possible de l’imprimer pour la glisser dans un dossier écrit.

Le déroulement des exercices est « simple », puisqu’il suffit de retrouver l’item-cible parmi les 6 ou 12 propositions. Mais à vrai dire, certains tableaux sont loin d’être faciles et obligent le patient à une attention et à une discrimination très soutenues. Par exemple, le tableau des personnages où les détails ne sont pas criards...ou bien tout ce qui concerne les signes orientés ou les lettres.

Dernier point à préciser : le module « mémoire » qui est dans l’ensemble identique, mais avec la disparition de l’item-cible, présente un paramétrage de cette disparition en terme de secondes.

Par contre, comme dans le logiciel précédent, il est dommage que les réponses ne soient pas analysées en fonction du temps écoulé, ce qui donnerait sans doute une meilleure approche de la progression.

Nous nous permettons ici une remarque sur le choix des items « lettres ». Bien sûr l’objectif du logiciel n’est pas d’apprendre à lire mais plutôt à repérer des éléments identiques/différents. Mais est-il bien nécessaire d’aller chercher les items les plus abscons et les plus éloignés de notre langue comme « qof », « gèc » « uip »...mais peut-être est-ce parce que ce sont les moins « disibles ».

Une autre remarque, mais qui pourrait tout à fait convenir aux autres logiciels, concerne l’utilité réelle de ce genre d’exercices dans le cheminement de l’enfant dans son apprentissage de la lecture. Les confusions de graphèmes, les difficultés dans l’ordre des lettres, les troubles de la discrimination spatiale sont-ils réellement résolvables par des exercices indépendants des lettres, des syllabes et des mots ? Que les enfants acquièrent une réelle capacité à retrouver des formes, voire des lettres isolées, ou des séries est un fait constatable en rééducation. Mais le transfert et la généralisation sur des activités de lecture est-elle systématique, ou simplement habituelle ?

Comme nous le verrons dans le prochain numéro, les « amateurs » d’informatique mettent en avant l’amélioration de l’attention des patients et des résultats améliorés aux exercices par ordinateur. Mais sans doute serait-il intéressant, sans arrière pensée, d’évaluer dans la réalité l’amélioration des compétences en langage écrit ou oral ou la meilleure adaptation de l’enfant à son apprentissage. Et n’hésitez pas à mettre votre grain de sel, nous aurons l’occasion de reparler de tout cela.


Référence:

ADEPRIO, 1999,